wall of wind

La Sagesse des CampagnesÉpisode 1 Chapitre 2


Synopsis

Visitez Altenor à travers les yeux d’une jeune fille découvrant la cité pour la première fois.

Auteur IRL

Cedric Neumann & Laureline Brun


Chapitre 2

Enfin, nous arrivâmes en vue de faubourgs et de la base de cité. Au milieu des habitations, je distinguais des marches gigantesques. Mon père m’expliqua que c’est les premiers anneaux de l’Atorium d’Altenor, la structure de la tour sur laquelle la cité est construite. 

Nous passâmes de hautes constructions fortifiées sans trop d’attente. Elles étaient impressionnantes. Je vis mon père saluer des connaissances et payer des gardes. J’essayais de graver ces visages inconnus dans ma mémoire. Ici le nombre de cohors était impressionnant, au moins autant que les humains. Il en sortait de toutes parts. Au cours des deux premières minutes, j’avais croisé plus d’alacars et de sticis que dans toute ma vie ; je ne savais plus où donner de la tête. Je fus tout autant frappée par l’allure et la prestance de certains humains !  

Des nobles, commenta mon père. Ils étaient si beaux, si colorés ! Leurs vêtements et leurs bijoux brillaient de mille feux. Je reconnus immédiatement les anneaux et la Tour dans les formes circulaires de leurs atours. Les femmes m’impressionnaient. Leurs chevelures, nouées en coiffures complexes et élégantes, faisaient aussi écho à l’Atorium. 

A l’instant où mon soulier vint heurter le pavé, je me sentis redoubler d’excitation ! J’étais concentrée. J’écartais rapidement les pieds… Je craignais de tomber, mais rien… le sol vibrait un peu de temps en temps mais il ne tournait pas pour l’instant. Le fourmillement de la ville monopolisa bientôt tous mes sens. Mon père m’appela et m’attrapa la main pour m’entraîner. Je l’écoutais à peine, mon esprit absorbé, voire saturé par tout ce que je voyais autour de moi.  

Où que me yeux se soient posés, des individus de toutes races, de diverses tailles et morphologies s’affairaient, discutaient, faisaient affaire. Nous avions débarqué dans le quartier marchand. C’était le summum du brassage ethnique de la cité. Mon père expliqua que chaque quartier d’Altenor avait sa saveur, son odeur, ses sensations et qu’à l’inverse de là où nous étions, certains étaient dominés par une espèce ou une faction. 

Mes yeux continuaient de ricocher:  humains, cohors, magnifiques alacars… leurs ailes étincelantes me faisaient tant rêver… colorés sticis… leurs superbes mains palmées semblaient si douces et fragiles ! A mon grand étonnement, la cité semblait être un habitat adapté pour ces derniers : l’eau était visible partout. De petites rivières passaient entre les rues, des canaux courraient le long des chemins, et le courant traversait parfois même des moulins ou d’étranges machines. Le bricoleur du village allait être jaloux ! Toutes ces inventions alimenteraient nos conversations pendant longtemps.  

J’étais bouche-bée devant cette effervescence de nouveautés et de couleurs, si bien que je trébuchai sur une pierre et m’étalai de tout mon long, lâchant la main de mon père et évitant de justesse du purin. Je pestais intérieurement, pensant à l’air hilare qu’arborerait mon frère s’il pouvait me voir en cet instant. 

Soudain, une main inconnue et gantée apparut devant mes yeux. Je relevais la tête, encore un peu sonnée. Je vis une jeune fille aux fines ailes colorées froncer les sourcils… ou les plumes, je ne pouvais dire si ces sourcils étaient faits ou non de plumes ! Elle était magnifique. Presque irréelle. Un bleu intense soulignait ses iris jaunes étincelants et des cercles d’or se perdaient dans les plumes de sa tête. 

« Vous allez bien ? » demanda-t-elle, devant mon air incrédule. 

– Euh… Oui, excusez-moi… merci beaucoup…>> M’empressai-je de répondre en balbutiant et acceptant son aide pour me relever. Je m’époussetai, très gênée par mon allure de paysanne. 

La damoiselle sourit et poursuivit son chemin. Face à mon étonnement, mon père éclata de rire. 

« -Eh ! ce n’est pas drôle ! m’écriai-je, vexée… Je pensais que tous les alacars étaient des êtres fiers et supérieurs. Pourquoi s’abaisseraient-ils à aider et discuter avec des humains dans notre genre? » 

Mon père secoua la tête. « Eh ben alors, ma petite Mauve, tu vas peut-être enfin m’écouter ? Et moins écouter les bêtises du village ? » Son ton enjoué montrait qu’il était amusé par mes préjugés sur les habitants d’Altenor, il prit quelques minutes pour me (re)parler des alacars et me (re)rabâcher ses mises en gardes interminables. Moi, j’avais déjà l’esprit ailleurs. Je me sentais bien stupide d’avoir pu croire les ragots de mes amis, et j’avais hâte de voir leur tête lorsque je raconterai ma mésaventure… en l’enjolivant, bien-sûr! Est-ce que les autres informations dont je disposais étaient fausses ? Les anneaux ne semblaient pas tourner si souvent que ça. Celui sur lequel nous étions n’avait pas bougé d’un pouce depuis notre arrivée. Bien qu’il y ait beaucoup de gardes, je ne voyais aucun féroce guerrier armé jusqu’aux dents. Quant aux cohors, ils avaient l’air d’être raffinés et polis ; je dirai même moins désagréables que la boulangère de notre village et plus loquace que notre voisin le fermier coléoptère du village.

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